Algérie

Point Zéro par Chawki AMARI du 26/092016

Eté 2016, aéroport Houari Boumediène, Alger. A l’arrivée d’un vol en provenance de Barcelone, l’avion est immobilisé sur la piste et les passagers bloqués à l’intérieur dans la chaleur. La raison, le patron du FLN est dans l’avion et la voiture, qui doit venir le récupérer directement sur la piste, n’est pas encore arrivée. 30 minutes de retard, puis la délivrance.

D’autres cas similaires ont été enregistrés, comme dernièrement à Marseille où le bateau à destination d’Alger a été immobilisé parce que le fils d’un puissant général de corps d’armée attendait sa voiture, sortie en retard d’un atelier de réparation dans la ville française. Ces deux histoires de retard ont plusieurs points communs : une personnalité, ou le fils d’une personnalité, une voiture, en retard, et deux compagnies publiques qui ont le monopole du transport, aérien pour le premier, maritime pour le second.

On pourrait trouver d’autres points communs, comme l’hypothèse que les deux personnes ayant occasionné du retard ne payent pas leurs billets et bénéficient d’une impunité totale pour tous leurs actes ou, de l’autre côté, l’absence de réaction des commandants de bord, pourtant théoriquement seuls maîtres à bord. Mais ce qui semble important, c’est cette appropriation des moyens publics par des privés, qui ont des postes publics, qui finalement, mettent tout le monde en retard, publics et privés.

L’Algérie n’est déjà pas en avance, pour une bonne partie à cause de ces mêmes dirigeants. Il faut maintenant accepter le fait d’être encore plus en retard, à cause de leurs enfants, leurs proches ou eux-mêmes, et attendre ce décollage qui ne vient pas. Si on n’avait pas tant de retard, on pourrait d’ailleurs se poser la question : quand un pays prend 2 heures de retard chaque jour sur ce qu’il aurait pu être, combien de retard s’accumule en 20 ans quand on sait que chaque minute compte ?

 Lisez la chronique dans El Watan

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