juillet 19, 2019

Le Président Macron à la recherche de la baraka d’Al-Azhar ! Par Amin Zaoui

Le 29 janvier 2019, le président français Emmanuel Macron à rendu visite à Al-Azhar.Dans sa visite au pays de Taha Hussein, l’Égypte, M. Le Président a été séduit par cette institution religieuse sacralisée, Al-Azhar Achcharif! Quelle surprise et quelle découverte ! Éblouissement présidentiel ! Bienvenue M. le Président dans une institution qui un jour, pas très loin, a condamné et chassé Taha Hussein, doyen de la littérature arabe et figure d’intellectuel rationaliste éclairé, élève de Descartes et professeur de Monseigneur Henri Tessier.

Son excellence Monsieur le président français désire voir Al-Azhar impliquer dans le religieux en France, afin de sauver le pays de Sartre de l’islamisme ! Quelle belle découverte présidentielle !
Je pense à Mohamed Arkoun !
Entre la naïveté et l’opportunisme il n’y a qu’un cheveu. Entre l’ignorance et le protocolaire il n’y a qu’un autre cheveu !
Les dirigeants de toutes les sectes terroristes et extrémistes islamistes éparpillés dans les quatre coins du monde sont des anciens Azhariens ; bienvenue M. le Président !
Vous déclarez, Monsieur le Président, que la France a besoin d’Al Azhar pour combattre l’intégrisme, en tant qu’écrivain algérien, je me sens trahi par les arrière-petits-enfants de Voltaire. Cette déclaration me dérange, me met en colère.
Face au phénomène de la montée de l’islam européen radical et sauvage, les décideurs politiques en Europe, notamment en France, sont dévoyés, sont confus ou indécis et ce n’est pas la baraka d’Al-Azhar qui va régler le problème du terrorisme en France, bien au contraire. La boue se trouve là !
Sachez M. Le Président qu’Al Azhar, cette institution à qui vous demandez aide politico-religieuse représente la source généreuse pour toutes les pathologies religieuses islamiques, sur cette terre.
Al-Azhar est l’usine, par excellence, qui a fabriqué depuis un siècle ou presque la secte diabolique des Frères musulmans (c’était en 1928), a enfanté tous les chefs de Daech, les Caïds d’el Qaïda, les hystériques de Boko Haram, les nababs des talibans, les chefs d’Ennahdha, les patrons de Hamas et les Tariq Ramadan, et beaucoup d’autres.
M. Le Président, cette machine-institution qu’est Al-Azhar dont vous êtes venus chercher la baraka et quémander une formation religieuse pour les enfants français, n’est pas grippée, elle continue à produire ses petits monstres, pour l’Europe et pour ailleurs !
Nous, en Algérie on en connaît quelque chose, beaucoup de choses ! Les plaies sont encore béantes ! Cette institution appelée Al-Azhar nous a fait souffrir, elle était, directement ou indirectement, l’appareil producteur de haine et du sang versé par le biais de ses ulémas Ghazali et al-Qaradhawi installés en Algérie.
Ceux qui ont tué les Tahar Djaout, les Alloula, les Fardeheb, les Madjoubi, les Bakhti, les Baba Ahmed, les Hasseni… en Algérie, sont les descendants des frères musulmans produits d’Al-Azhar… Ceux qui ont assassiné Faradj Fouda, Houcine M’roua, Sobhi Assalah, Mehdi Amel… sont la main idéologique d’Al-Azhar. Ceux qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo sont les frères jumeaux de ceux qui ont semé la terreur dans mon pays, eux- aussi sont le produit d’Al-Azhar. Ceux qui ont semé la terreur et le sang au Bataclan sont les enfants spirituels d’Al-Azhar.  Ceux qui ont assassiné à Bruxelles, à Nice, à Strasbourg, à Berlin sont les rejetons spirituels d’Al-Azhar.
Au nom de la liberté de confession, l’islamisme soutenu par Al Azhar conduit le monde à la destruction, au chaos. Profitant de la démocratie, appuyé par des références enseignées à Al-Azhar, l’islamisme viole les valeurs de la république, viole l’État de droit et profane les droits de l’homme.
M. le Président Emmanuel Macron, dire que vous avez besoin d’Al-Azhar pour contrecarrer ou pour lutter contre l’islamisme est un discours qui refait une nouvelle virginité à cette institution qui a tout perdu ou presque chez nous et en Égypte.
Cette institution depuis toujours était contre la modernité, contre les gens des lettres éclairées à l’image de : Ali Abderrazak, Taha Hussein, Faradj Fouda, Nasr Hamid Abu Zayd, Naguib Mahfouz et les autres.
Au moment où nous, intellectuels éclairés du monde musulman, nous menons un combat intellectuel sans merci contre Al-Azhar, contre ses programmes obscurantistes et racistes, vous M. le Président, vous tapez à la porte, en Messie ou en Mehdi al-Montadhar, pour sauver cet agonisant. Les programmes azhariens enseignés jusqu’à nos jours, sont contre le vivre-ensemble, contre le chrétien, contre le juif, contre la femme, contre les minorités sexuelles, contre la démocratie, et vous M. le Président, vous rêvez d’envoyer les enfants de France pour étudier dans cette institution ! Pour former des imams de la France dans cette institution ! Vous cherchez les Yousef al-Qaradâwi et les Ghazali et les Tariq Ramadan pour la France ! Nous en Algérie, nous les avions tous expérimentés !
Au moment où on vous attend sur une autre tribune, à l’ONU par exemple, plaidant pour une reforme approfondie des programmes enseignés à Al Azhar et même aux écoles dites civiles étatiques, vous prenez votre bâton de pèlerin à la recherche d’un avenir de l’islam français dans cette institution, à la recherche d’un havre politico-religieux à l’ombre de cet Al-Azhar !
Il n’y a plus de baraka à Al-Azhar, Monsieur le Président !

A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr

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